Clermont Geek Convention 2026 le week-end où la pop culture prend vie à Clermont

Clermont Geek Convention 2026 : le week-end où la pop culture prend vie à Clermont

Il y a des événements où l’on vient pour cocher une case.
Et puis il y en a d’autres.

Ceux où tu te retrouves à débattre de la meilleure trilogie Star Wars avec des inconnus dans la file d’attente alors qu’il n’est même pas encore 10h, et où personne ne trouve ça bizarre. Tu passes les portes, le brouhaha monte progressivement, un cosplay de Deadpool croise un dresseur Pokémon, et quelque part au fond, une foule s’agite devant une scène parce qu’un joueur vient de réussir un clutch improbable.

En quelques secondes, le décor est planté : c’est la Clermont Geek Convention 2026, les 14 et 15 mars. Au lieu de te dérouler un programme froid et linéaire, je vais plutôt te raconter une histoire. On va imaginer que tu y es déjà.

Affiche de la Clermont Geek Convention 2026
Crédits : Clermont Geek Convention

Samedi matin – 9h42
La file d’attente

Il fait encore un peu frais, mais le printemps approche et l’ambiance est chaleureuse. Devant toi, deux amis se livrent une joute verbale pour savoir quelle est la meilleure console entre PlayStation et Xbox (alors que le PC existe). Derrière, un groupe en cosplay ajuste perruques et accessoires. Les portes ouvrent à 10h, 9h30 pour ceux qui ont pris leur prévente. L’impatience est palpable.

La CGC, ce n’est pas un événement ultra-spécialisé réservé à une niche. C’est un carrefour où toutes les niches fusionnent.

Manga, gaming, cinéma, cosplay, BD, science-fiction, exposants, artistes, associations : tout cohabite. C’est précisément ce mélange qui crée l’énergie du lieu.

La pop culture cesse d’être une passion solitaire pour devenir un espace partagé.


Samedi – 11h
Des geeks et des briques

À 11h, première halte : une conférence consacrée aux Lego. Derrière ce qui pourrait sembler anecdotique se cache un sujet étonnamment profond. On parle créativité, conception, transmission, imagination.

Comment quelques briques en plastique ont-elles réussi à devenir un langage universel ?
Dans la salle, les adultes écoutent avec la même concentration que les enfants.

On comprend vite que le Lego n’est pas qu’un jouet : c’est un outil narratif, un bac à sable dans lequel chacun peut bâtir son propre monde.

Samedi – 12h
À table !

À midi, changement total d’ambiance. Gastronogeek reçoit Christophe Lemoine et Adrien Antoine sur scène. Autrement dit : Cartman et Batman passent derrière les fourneaux. Le moment est hybride, drôle, imprévisible. Les voix que tu as entendues des centaines d’heures durant ton enfance prennent vie devant toi, improvisent, jouent avec le public.

Ce genre de séquence incarne parfaitement l’esprit d’une convention réussie : décloisonner les univers, faire dialoguer cuisine, pop culture et performance vocale dans un même espace.

Voir toute cette nourriture t’a donné faim. C’est le moment de choisir parmi la variété des propositions. Est-ce que tu vas craquer pour un burger ? Des sushis peut-être ? Ou alors une crêpe ? Tu me croiseras probablement près du Vegan’s Foodtruck en train de dévorer une assiette de falafels.

En parcourant les allées, tu vois les plus jeunes faire la queue pour prendre une photo avec Monsieur Pof pendant que, quelques mètres plus loin, Laure Guibert (Bénédicte dans Hélène et les Garçons) signe des autographes à des parents qui, eux aussi, ont eu leur série culte.

Samedi – 15h
Les coulisses de Pokémon

L’après-midi monte encore en intensité. À 15h, Julien Bardakoff, le créateur des noms français de la première génération de Pokémon, prend la parole à l’occasion des 30 ans de la licence. Bulbizarre, Salamèche, Carapuce : ces noms sont entrés dans l’imaginaire collectif.

Derrière eux se cachent des choix linguistiques, des contraintes éditoriales, une réflexion sur la sonorité et la mémorisation. On découvre que nommer un Pokémon, ce n’est pas juste traduire : c’est façonner une mémoire culturelle. La salle réagit, sourit, s’étonne. Ce qui semblait évident devient soudain fascinant.

Entre ces temps forts, le salon vit en permanence grâce aux animations continues. Un atelier Pokéball attire les plus jeunes (et pas seulement). Un espace origami transforme des feuilles de papier en créatures minutieusement pliées.

Plus loin, une initiation K-Pop rassemble un groupe déterminé à reproduire une chorégraphie avec un sérieux quasi professionnel. Ce sont toutes ces petites expériences qui donnent de la densité à l’événement. On ne fait pas que regarder : on participe.

Samedi – 16h30
Rendez-vous au QG des gamers

Pendant ce temps, la zone Volkan Gaming vit comme un écosystème indépendant à l’intérieur de la CGC. Avec plus de 500 m² consacrés à l’eSport et aux animations gaming, l’association clermontoise, présente sur l’événement depuis 2022, transforme un simple espace de démonstration en véritable terrain de jeu compétitif.

Clermont Geek Convention 2026 - Volkan Gaming

Volkan Gaming ne se contente pas d’aligner quelques consoles sur des tables. L’association, active toute l’année dans la région clermontoise, s’est donnée pour mission de structurer une scène eSport locale accessible à tous : joueurs amateurs, compétiteurs confirmés et simples curieux venus découvrir l’ambiance des tournois.

Ici, les écrans ne sont pas décoratifs. Ils sont le centre de gravité.

Tout le week-end, les joueurs s’affrontent dans des tournois en 1v1 sur Street Fighter 6, Fortnite, Rocket League et League of Legends. Les matchs s’enchaînent, parfois dans une concentration presque silencieuse, parfois dans un brouhaha d’encouragements quand un joueur réussit un clutch. Même ceux qui ne jouent pas restent souvent quelques minutes de plus que prévu, hypnotisés par l’intensité de la compétition.

Parce que oui, regarder un match d’eSport sur place n’a rien à voir avec un stream. C’est comme regarder un match de foot au stade plutôt qu’à la télé. On entend les réactions du public, on ressent la tension quand une manche se joue à un détail, on voit les joueurs se lever d’un bond après une victoire improbable.

Au fil de l’après-midi, la scène s’anime encore davantage. Les finales approchent. Les spectateurs s’accumulent autour des écrans. Un match serré devient rapidement une petite histoire collective : on choisit instinctivement son camp, on retient son souffle lors d’une action décisive, puis la salle explose quand tout bascule.

Ce n’est plus seulement un coin gaming.
C’est l’arène de la Clermont Geek Convention.

Dimanche – 13h
Le talent du doublage VF

Après un repos bien mérité, le dimanche ne t’attend pas pour démarrer. Tu arrives juste à temps pour assister à la rencontre autour du doublage VF avec :

  • Adrien Antoine, alias Thor, Batman, Superman, Spock, Jake Sully, McGee, Atom. La liste est encore longue. Tous les geeks connaissent sa voix.
  • Maïk Darah, qui s’illustre autant dans le grain de folie de Whoopi Goldberg que dans la prestance d’Angela Bassett ou Viola Davis. Elle est Guinan pour les Trekistes, Ambessa Medarda pour les joueurs de LoL, Amanda Waller pour les fans de super-héros, mais aussi Monica Geller pour tous les autres.
  • Christophe Lemoine, souvent imité en Cartman ou Sam Gamegie, mais jamais égalé. Il est également la voix française de Jack Black, Jonah Hill, Josh Gad, ainsi qu’une infinité de personnages dans l’animation ou les séries.

On parle technique, direction artistique, adaptation. Mais on peut une nouvelle fois compter sur Christophe Lemoine et ses improvisations légendaires pour amuser la galerie si le ton devient trop sérieux.

Puis une démonstration vocale surgit, presque sans prévenir. Le silence se fait instantanément. Entendre en direct une voix que l’on associe à des dizaines de personnages provoque un frisson collectif.

Dimanche – 14h
Rencontre avec Bohort et Merlin

À 14h, changement d’univers. Direction la table ronde consacrée à Kaamelott avec Nicolas Gabion et Jacques Chambon. Autrement dit : Bohort et Merlin en personne.

Dans la salle, l’ambiance a quelque chose de particulier. Kaamelott n’est pas seulement une série populaire. C’est une œuvre qui s’est installée durablement dans le quotidien de ses spectateurs. Les répliques sont devenues des réflexes culturels, presque des tics de langage.

Il suffit qu’un spectateur lance timidement un « C’est pas faux » pour que la salle éclate de rire.

Les deux comédiens jouent naturellement avec cette complicité. Nicolas Gabion raconte la manière dont Bohort est devenu, au fil des saisons, l’un des personnages les plus attachants de la série. Derrière ses peurs permanentes et ses protestations affolées se cache en réalité un personnage profondément humain et moderne, souvent plus lucide que les chevaliers censés incarner la bravoure.

Jacques Chambon, lui, revient sur Merlin. Un enchanteur théoriquement tout-puissant, mais incapable de réussir la moindre formule magique sans provoquer une catastrophe. Un décalage qui résume parfaitement l’humour d’Alexandre Astier : prendre un mythe fondateur et le ramener à une humanité profondément imparfaite.

Les anecdotes de tournage s’enchaînent. Les spectateurs découvrent les coulisses d’une série qui, derrière ses dialogues millimétrés, reposait aussi sur une grande complicité entre les comédiens.

Mais le moment le plus savoureux arrive souvent quand les invités se prêtent au jeu des répliques cultes. Une phrase lancée par le public suffit pour déclencher une improvisation. Les acteurs reprennent leurs intonations, leurs mimiques, et pendant quelques secondes, on a presque l’impression de rentrer à l’intérieur de l’histoire de Kaamelott.

On réalise alors quelque chose d’assez rare : Kaamelott n’est pas seulement une série que l’on regarde. C’est un univers que le public continue de faire vivre, des années après sa diffusion.

Dans la salle, les générations se mélangent. Certains ont découvert la série à la télévision lors de sa diffusion originale. D’autres l’ont rencontrée bien plus tard, au détour d’un extrait sur internet ou d’un marathon de visionnage. Les plus jeunes n’ont vu que les films, traînés au cinéma par leurs parents.

Mais tous rient ensemble. Et c’est peut-être ça, la vraie magie de Kaamelott.

Dimanche – 15h
Concours de cosplay

À 15h, le concours de cosplay transforme la scène en galerie d’art vivante. Armures détaillées, costumes cousus à la main, accessoires impressionnants : derrière chaque tenue se cachent des heures de travail et une créativité folle. On ne parle plus de déguisement, mais d’artisanat passionné.

Clermont Geek Convention 2026 le week-end où la pop culture prend vie à Clermont

Puis vient le grand quiz Starcup. Questions rapides, mémoire mise à l’épreuve, fierté en jeu. Gagner n’est peut-être pas l’essentiel, mais briller devant une salle entière de geeks sur une question obscure à propos de Dr Who, ça se pose là comme boost d’ego.

Dimanche – 17h
Finale du tournoi League of Legends

La fatigue commence à se faire sentir, mais la zone Volkan Gaming ne ralentit pas. Au contraire.

La finale du tournoi 1v1 de League of Legends concentre tout ce que l’eSport peut produire de tension dramatique. Les joueurs prennent place, casques sur les oreilles, regards fixés sur leurs écrans. Autour de la scène, les spectateurs se serrent pour ne rien manquer.

Au début, l’ambiance reste presque calme. Les premières minutes sont souvent stratégiques, méthodiques. Mais peu à peu, la tension monte. Un stun qui touche la cible. Un deuxième spell qui connecte.

En quelques secondes, tout s’accélère. Les personnages s’entrechoquent à l’écran, les barres de vie fondent, les cris fusent dans le public. Et soudain, l’issue devient évidente.

Un joueur retire son casque.
Il se lève d’un bond et explose de joie.

La scène s’embrase. Applaudissements, cris, tapes dans le dos. Pendant quelques instants, on oublie complètement que ce n’est “qu’un jeu”. Ce qui vient de se jouer, c’est de la stratégie, de la coordination, du sang-froid, et surtout une histoire qui s’est écrite en direct sous les yeux du public.

Dans un coin de la Grande Halle d’Auvergne, l’arène eSport devient un théâtre collectif.

Alors, faut-il aller à la Clermont Geek Convention 2026 ?

Quand arrive la fin du week-end, une fatigue heureuse s’installe. Celle des journées bien remplies, où l’on a trop marché, trop parlé, trop regardé, mais où l’on sait que l’on vient de vivre quelque chose de particulier.

Tu repars avec quelques photos, un tote bag, trois porte-clés, et une figurine que tu t’étais juré de ne pas acheter. Mais ce n’est pas vraiment ce qui reste.

Ce qui reste, ce sont les moments partagés : un rire collectif pendant une conférence Kaamelott, un frisson en entendant une voix de doublage que l’on associe à des dizaines de personnages, une salle entière suspendue à un teamfight au Nashor sur League of Legends, ou simplement une discussion improvisée avec des inconnus autour d’un stand.

C’est là que l’on comprend ce qu’est vraiment la Clermont Geek Convention.

Ce n’est pas seulement un rassemblement de stands, d’invités et d’animations. C’est un endroit où des passions qui se vivent souvent en solo prennent soudain une dimension multijoueur.

Dans un monde où la culture circule principalement à travers des écrans et des algorithmes, ces moments ont une saveur particulière. Ils nous rappellent que derrière chaque univers que l’on aime, il existe une communauté bien réelle.

Lego, Pokémon, Kaamelott, le doublage, l’eSport… ces mondes semblent très différents. Pourtant, pendant deux jours, ils se croisent au même endroit et racontent la même chose : l’envie de créer, de transmettre, et surtout de partager.

Et c’est peut-être ça, au fond, la vraie réussite d’un événement comme la CGC : transformer nos passions individuelles en une histoire collective, le temps d’un week-end.

Alors si vous voulez qu’on écrive cette histoire ensemble, j’espère vous croiser là-bas.

Et si ce genre de réflexion vous intéresse, je vous redirige vers mon article qui se penche sur la question : Pourquoi sommes-nous fans ?

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