Lupin – partie 4 : Peut-on échapper à sa propre légende ?
Dans Lupin – partie 4, disponible sur Netflix depuis le 23 octobre 2026, un voleur de génie, interprété par Omar Sy décide de raccrocher. Mais après quatre années de prison, alors qu’Assane Diop espère redevenir un père ordinaire, un imitateur signe des cambriolages du nom de Lupin.
Une question policière, qui commet ces vols ?, en dissimule une autre : que laisse-t-on aux autres lorsqu’on devient une légende ?
Attention : cette analyse révèle les principaux événements, y compris la fin de la partie 4.
Le personnage : un héritage qui lui échappe
La première inversion est réjouissante : Assane, qui a si souvent trompé ses adversaires, devient victime d’une illusion. Plus il est connu pour ses exploits impossibles, moins on accepte son innocence.
La révélation de l’identité de l’imitatrice fait basculer l’intrigue : Adèle est sa fille, née de sa relation de jeunesse avec Juliette Pellegrini. Ce n’est plus seulement « Lupin contre Lupin », mais un homme face à l’héritage qu’il a transmis sans le savoir. L’inventivité d’Adèle s’exprime dans le piratage, les deepfakes et les technologies contemporaines.
Raoul, lui aussi, veut cambrioler avec son père. Mais Assane lui refuse les aventures qu’il accepte de vivre avec Adèle. Deux enfants recherchent la même reconnaissance et reçoivent deux réponses différentes. Le conflit découle des choix du protagoniste.
La structure : le plaisir du tour et son usure
Comme le reste de la série, Lupin – partie 4 reste une formidable machine à divertir. Le charisme d’Omar Sy, la mise en scène énergique et Paris transformé en terrain de jeu donnent du panache aux opérations. Adèle renouvelle l’esthétique du cambriolage : le gentleman cambrioleur rencontre sa version numérique.
Mais les nouveaux accessoires dissimulent parfois un procédé répété : projection dans la cage d’Assane, hologramme à la place d’une couronne, toile LED dans un bureau. Trois situations, une même solution : substituer une image au réel.
Les périls provisoires s’accumulent aussi : Juliette survit à l’explosion de sa voiture ; Assane et Adèle échappent à une fusillade sur un pont ; une bombe menaçante n’explose jamais. Une fausse piste peut enrichir un mystère. Trop répétée, elle apprend au spectateur à ne plus croire au danger. Les plans de secours sont légitimes ; les cacher systématiquement pour annuler une émotion l’est moins.
Une bonne révélation change le sens d’une scène ; une révélation facile en efface simplement les conséquences. L’extraction de Juliette du véhicule pose aussi une question de loyauté du montage : le timing paraît peu compatible avec l’explosion montrée initialement.
Les relations : le coût des exploits
Les scènes les plus fortes sont parfois les plus simples. Benjamin, épuisé, reproche à Assane de se mettre en danger en comptant sur ses proches pour le rattraper. Claire refuse de passer après ses aventures. Raoul ne veut pas seulement sombrer dans l’illégalité : il veut être avec son père.
On découvre que Raoul a poussé la policière Sofia Belkacem au début de la saison, croyant sauver Assane. La blessure réelle pose une question qu’aucun gadget ne résout : comment protéger son enfant sans lui apprendre à échapper à toute responsabilité ?
Le final préfère montrer Assane recevant la balle destinée à Raoul, tandis que celui-ci s’éloigne avec Hubert Pellegrini. Le sacrifice affirme son amour, mais laisse son évolution en suspens : Assane a toujours su se sacrifier. Il lui restait à apprendre la confiance, la vérité et le respect des choix d’autrui.
Le regard de l’auteur
Cette partie 4 de Lupin réussit mieux ses idées de personnages que certaines de ses mécaniques d’intrigue. Elle explore la transmission volontaire et involontaire, mais multiplie les ruses jusqu’à en diminuer la portée. Elle illustre un risque courant : conserver chaque bonne idée au lieu de sélectionner celles qui servent l’ensemble.
Pour un auteur, trois enseignements se dégagent :
- Faire évoluer un motif. Un tour répété doit changer de fonction, rencontrer une résistance ou entraîner un prix à payer.
- Préparer sans tricher. Une surprise gagne en force lorsque ses indices étaient présents, même discrets.
- Faire payer les choix. Un dilemme familial peut bouleverser davantage qu’une poursuite, si ses conséquences demeurent.
Le spectacle est une promesse tenue. La rédemption d’Assane, elle, reste une promesse à honorer.
Conclusion de mon analyse de Lupin – partie 4
Une imagination foisonnante, un spectacle efficace et de belles idées sur la transmission. Pour améliorer cette œuvre, je conseillerais une réécriture par soustraction : retirer certains faux périls, fusionner plusieurs tours d’illusion et laisser davantage respirer les conflits familiaux. Moins de rebondissements, mais plus de conséquences.

Je vous invite à vous faire votre propre avis et analyse de Lupin – partie 4 si ce n’est pas déjà fait, et je vous redirige vers mes autres analyses et réflexion autour de la narration et du storytelling.
